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« SIROKO » : La Réunion des cordes et des lames …
Olivier Ker Ourio a choisi avec une intrépidité tranquille un instrument très présent dans le blues mais qui n’existe que très peu dans le jazz : l’harmonica chromatique. Après avoir collaboré avec de nombreux artistes et après quatre albums en leader (dont trois avec les fidèles compagnons de son quartet : Pierre de Bethmann au piano, Gildas Boclé à la contrebasse et Franck Agulhon à la batterie), l’harmoniciste Olivier Ker Ourio revient avec un cinquième opus, « SIROKO », sur le nouveau label e-motive records. Avec ce nouvel album, Olivier Ker Ourio choisit de s’aventurer dans l’art du trio, laissant subtilement chanter ses harmonicas, funambules en équilibre sur les cordes de ses deux invités : le contrebassiste suisse/autrichien Heiri Kaenzig (co-fondateur du Vienna Art Orchesrta) et le guitariste américain Ralph Towner (groupe Oregon, duo avec Gary Peacock). Le répertoire de ce nouvel album comprend aussi bien des mélodies, que le trio se réapproprie, comme « Goodbye Pork Pie Hat » de Charlie Mingus ou « Syracuse » d’Henri Salvador, que des compositions d’Olivier Ker Ourio : la danse du ventre « Bellydancing » qui ouvre l’album, l’envoutant 5/4 « Siroko », la superbe ballade « Seascape », ou encore le titre « Payanke » s’inspirant du mayola réunionnais. A ces compositions s’ajoutent un titre de Ralph Towner : « Tramonto ». Dans ce jeu à trois sans rythmique conventionnelle (harmonica, guitares acoustiques et contrebasse) qui favorise l’intimité, la remise en question est permanente. Olivier Ker Ourio investit sans filet un espace d’expression toujours plus vaste et surprenant, le sol se dérobe sous les phrases, chaque pas est une reprise d’équilibre. L’héritage du métissage culturel d’Olivier Ker Ourio s’entend avant tout dans ses compositions, dans leurs rythmes inhabituels et dans leurs lignes mélodiques inattendues. La musique du Réunionnais au patronyme breton est une invitation au voyage, un aller-retour entre deux océans, deux imaginaires. Mise en scène dénudée, choix de la guitare acoustique à six ou douze cordes comme instrument harmonique, priorité au son, à l’émotion et à la ligne claire, l’harmonica d’Olivier Ker Ourio se dépouille encore et toujours, Sir’OKO souffle droit sur les cœurs…
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